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   Epilogue: Predator

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Auteur Sujet:
Franc1 Envoyé 08/12/2006 à 15:08     Editer le post    Effacer le post     Sujet: Epilogue: Predator

« Le Hard ; C’est Rock ! » Jacques LUTENDU ( D’après une citation de Rock’n folk )

Salut la compagnie,

Les presbytes de tout poil n’ont qu’à bien se tenir : je suis toujours là ! Que les quadras chaussent leurs binocles et les autres s’approchent de l’écran, ou en reculent, c’est selon. Parce que les gars ! Autant vous le dire tout de suite : « çà va être assez long ! ».
Et puis pendant qu’on y est, allons chercher une bonne bière pour se préparer au voyage car aujourd’hui les enfants, nous allons régresser un peu.
Certains d’entres-vous connaissent déjà cette fabuleuse machine qui permet de repartir en arrière. Elle ne fonctionne cependant que si on le veut bien. Un petit effort est nécessaire pour en tirer la quintessence. Alors on ressort sa vieille chemise de l’armoire et on la laisse dépasser du futal. Face au miroir de la salle de bain, on s’ébouriffe un peu la tignasse et, en passant près des produits ménagés, on saisit solennellement son balai préféré (à moins que les sportifs ne préfèrent une raquette de tennis) . Le but secrètement avoué de ce rituel étrange est de revenir devant l’armoire pour s’admirer à loisir devant le miroir en pied. Eventuellement, on enfile ses tiags et on se laisse aller, comme aux temps bénis où on avait tout à apprendre, tout à découvrir… Aujourd’hui les copains, on va au concert écouter un guitariste déjanté avec option mégalo.

Nous avons déjà évoqué cet énergumène il y a de celà… bien longtemps. Jacques, à l’époque, m’avait réprimandé tel un maître d’école un peu tatillon pour avoir écorché son surnom. Je vais donc filer droit et laisser mon insolence au vestiaire pour vous parler de Gonzo.
Et oui ! J’en remets une couche pour reprendre avec vous le cours de l’histoire parce que, pour ceux qui aiment le hard, Ted Nugent doit être une référence. En quelques lignes, voici le portrait du bonhomme :
Né le 13/12/1948 à Détroit, Michigan.
Premier groupe à 12 ans, The Royal Hightboys. 2 ans plus tard, en 1963, deuxième groupe, The Lourdes qui joue en 1ère partie des « Suprêmes ». Précoce le gamin. En 1965, il forme les « Amboy Dukes » et écume les routes pendant 10 ans. Cela nous amène en 1975 où il entame une carrière solo.
C’est pour ne pas prendre la tête des esprits chagrins que j’élude les multiples rencontres qui émaillent le parcours de ce forçat du rock ( Meat Loaf, Molly Hatchett etc, etc…).

Cette mise au point culturelle établie ne permet pas, cependant, d’éclairer le personnage de façon suffisante pour en percevoir les contours. Suffisant est du reste un qualificatif qui colle assez bien à l’individu. En 1981, dans « Best », il assène haut et fort qu’il est le meilleur guitariste du monde. Fichtre ! Comme il y va. Une sorte de Mohamed Ali du rock en quelque sorte. Pourtant, tout comme ce dernier, il nous force à y croire et les critiques de l’époque sont bien prêts de s’y laisser prendre. M Nugent, n’achète pas sa viande au supermercado du coin. Il préfère, et de loin, trouver sa pitance auprès du gibier qu’il chasse lui même… à l’arc.
Excessif, certes ; mégalo peut-être, sincère indéniablement. Nous évoquons parfois ces musiciens qui, au travers du temps et des inévitables influences et évolutions musicales, sont restés stoïques, fidèles à leurs références, ne se détournant pas de ce qu’ils estiment être leur droit chemin. Ted est de cette race là Avec toutefois un petit quelque chose en plus : il le crie haut et fort. Malheur à celui qui oserait le contredire.
Cette évidente paranoïa est malgré tout positive parce que toute entière dévolue à son art et à son entourage. Loin de moi l’idée d’amorcer ici une rubrique « people » mais il paraît que le personnage offre deux facettes diamétralement opposées à priori. A priori seulement car elles sont sans nul doute complémentaires : Ted est fidèle en toute chose. A sa famille avec laquelle il mène une vie saine et dévolue depuis toujours. A son implication caritative dans la lutte contre la drogue sous toute ses formes (il est président du D.A.R.P : Drogue Abuse Resistant Project). Et puis bien évidemment à la guitare qu’il considère comme l’arme absolue pour promouvoir la mouvance « hard rock ».

C’est la re-découverte de deux enregistrements totalement déments qui motivent mon intervention aujourd’hui.
Le premier est connu et s’inscrit dans la longue série des incontournables. C’est le « Live at hammersmith » de 1979.
Un endroit bien fréquenté que cet Hammersmith Odeon puisqu’il a vu passer des pointures de renom et a donné le jour à nombre d’enregistrements épiques ( Les amoureux du Ash se souviennent du « Live in London »). Un endroit mythique aussi qui permet aux artistes de se surpasser. Le pendant de notre Olympia national finalement.
Pour les accrocs de la performance, sachez que le cd est l’enregistrement du 3ème concert de la journée du 9 mai 79 pour Ted. En effet, le bagnard écumait à l’époque les routes d’Europe pour une tournée à sa mesure : 79 concerts en 85 jours. En ce jour de Mai, deux « set » étaient prévus à 14h et 20h. Les deux furent « sold out » en quelques minutes et les promoteurs du tour, connaissant la résistance de la bête, finirent par le convaincre d’une ultime performance en nocturne. Inutile de vous dire que le gratteux était chaud comme une braise et que, faisant fi des protestations de ses musiciens épuisés, il en remis une couche et étendit l’assistance pour le compte.
Les promos, en backstage, se frottaient les mains : face au prédateur, les charognards ne sont jamais loin…
Ce live est d’enfer pour qui aime le hard, le vrai. Puissance, énergie et fidélité au style. Des morceaux connus dans des versions survitaminées : « Stormtroopin’ », « Free for All » « Cat Scratch fever » etc, etc… Le connaisseur de Ted connaît ces morceaux et possède du reste certainement cet album. Quoique…
A ce stade, une évidence s’impose : On se trouve devant quelque chose de pur. La volonté que met Ted à manier sa « Chuck berry » impose le respect. Toutes sortes de sentiments vous passent à l’esprit en voyant s’escrimer le guitariste sur l’objet sacré. La passion, la violence, la nécessité de dominer. Mais aussi la récompense, la caresse. Appuyée certes, mais c’est celle d’un félin ; d’un prédateur tapit dans l’ombre et qui se laisse, un instant, apprivoiser. Et pour finir la persévérance d’un type qui aime ce qu’il fait. D’ailleurs, Ted Nugent a un son. Mon ami Jacques, je le pense, croit tout comme moi que la guitare est affaire de ressenti. Car il ne faut pas s’y tromper ; et ce ne sont pas les techniciens de « guitar part » ou de « guitar player » qui réussiront à me persuader du contraire : Ce n’est pas avec une batterie de pédales d’effets qu’on obtient son son (Noter l’extrême habileté du rédacteur qui se débrouille pour utiliser une formule quasi onomatopique pour faire son petit effet… (je prends mon pied ce soir les gars) …). C’est dans le doigté et l’attaque de la corde que le guitariste trouve sa voie. Et le son de Nuge est, somme toute, très primal. Ce n’est du reste pas un hasard s’il utilise la copie conforme de la guitare de Chuck Berry. Monsieur fait du rock, du pur. Ses solis sont d’ailleurs plus près, dans leur approche, du rockabilly de mère-grand que du son lourd de Gary Moore ou de Leslie West. Et puis, outre sa dextérité indéniable, il s’impose comme un « riffeur » d’exception.
Tous ceux qui apprécient le riff puissant et la rythmique hardeuse en ont pour leur argent.
A l’écoute des différents albums de Ted, on est confronté à autant de trouvailles speedantes et toujours ingénieuses. Ce type a vraiment çà dans la peau. Et puis son style est inimitable. Outre son accoutrement et sa dégaine qui en font une sorte d’hybride à mi-chemin entre Rambo et Tarzan, il n’a pas son pareil pour balancer des glissés qui pourraient faire penser qu’il utilise un « bottleneck ». Que nenni ! Le déjanté fait çà avec ses doigts. En terme de matos c’est simple : Une guitare et un mur d’amplis. Le basique quoi ! mais utilisé avec la volonté d’un bûcheron. De façon anecdotique, la rumeur dit que les spectateurs qui assistaient à ses concerts en sortaient…sourds.


Le deuxième album est, quant à lui, beaucoup plus rare. A l’instar de ces quelques perles difficiles à trouver, je l’ai cherché pendant de nombreuses années en version cd pour parvenir finalement à le dénicher en import auprès d’un distributeur floridien. Une véritable aventure que cette quête mais les habitués commencent à savoir que je ne lâche pas le morceau facilement.
« Intensities in 10 cities » est le titre de cet album et croyez moi sur parole, c’est un monument du rock. L’objet est conceptuel dans l’esprit puisqu’il s’agit d’un live composé d’inédits capturés dans 10 villes différentes lors de la tournée de 1981. Je vous dis pas la claque… Monumental ! tout y est : le style , l’énergie, la puissance. Des riffs à vous décapiter un ours et des solis d’une intensité… Ma sainte femme ne sait plus guère où se mettre depuis que je me suis procuré cette perle. A plus d’un titre, c’est pour moi le meilleur album de Ted Nugent. D’abord parce que c‘est un live et que, au risque d’en raser quelques uns, c’est encore le meilleur moyen d’apprécier un guitar hero. Ensuite parce sa réalisation est impeccable et que le son est à la hauteur du personnage et de la couleur résolument hardeuse de l’enregistrement. Inutile de rechercher un quelconque morceau lent dans cet album. Gonzo ne fait pas dans la mièvrerie. Néammoins, et là encore c’est une question de confiance, les interventions des guitares sont ciselées comme je les aime. Car l’artiste, aussi radical et expansif qu’il soit, est bourré de classe et perfectionniste dans l’âme.

Enfin, pour confirmer l’adage qui stipule qu’il n’est pas question qu’il y ait deux sans trois, arrive la cerise sur le gâteau. J’ai déniché une prestation vidéo qui va vous rappeler des souvenirs. La capture en vcd du concert de Ted au rockpalast festival de Cologne en 1976. Ah ! Les bons souvenirs que voilà. Je vous donne en mille son titre : « Ted NUGENT :
Live in Köln ». Décidément, on en sortira jamais. Un concert assez court puisqu’il frise à peine les 55 minutes, mais qui vous afflige la plus exquise des tortures pour peu que vous soyez volontaires.

Voilà les gars, vous allez pouvoir reposer vos oreilles porteuses de vos grosses lunettes. Essuyer vos yeux larmoyants d’avoir scruté cet écran depuis trop longtemps et faire des excuses à vos compagnes de vous être absenté si longuement. Embrassez les d’ailleurs de ma part en leur disant que c’est pour la bonne cause.

Le site a vécu et bien vécu. En guise d’épitaphe je dirais que personnellement, ce dernier intermède m’a quelque peu vidé et je suppose que vous n’êtes pas très loin non plus d’en avoir marre. Mais après tout, c’est un peu de votre faute…
Fallait pas m’inviter…





PS : « Le Hard, c’est Rock ! Le Rock, c’est du Blues ! » Jacques Lutendu (après mûre réflexion…)






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:fb:
jacques Envoyé 11/12/2006 à 11:53     Editer le post    Effacer le post     Sujet: RE: Epilogue: Predator
Même mort,il bande encore!!

On va sur le forum comme ça pour voir,pour ne pas tirer un trait radical sur ce site ou l'on a eu tant de bons moments de lecture et grâce auquel on a fait des supers rencontres et vus des fameux concerts ensembles,dès fois qu'un inconscient écrive encore et paf voilà un post du François,le Victor Hugo du rock,le roi de la prose pour nous parler d'un autre doux dingue,ce cher Ted.Il fallait bien cela pour remettre un peu de jus dans ce site moribond.
François le réanimateur de forum flappi a encore frappé,dingue ce type!
jamais rassasié,toujours le stylo bavard pour notre plus grande joie,tu nous redonne du tonus avant les fêtes,il en faut bien pour anticiper toutes les beuveries à venir.
Merci à toi et continues comme ça,on a bien vu des mecs revenir à la vie en écoutant du rock alors pourquoi pas un forum.

Pour finir,un dicton de Saint Rock:(Riffez pour nous)

LE ROCK? WHAOUH!! C'EST ROCK!!!

:jlut:
[édité par wishbone le 2006-12-16 10:36:17]
jo Envoyé 16/12/2006 à 19:41     Editer le post    Effacer le post     Sujet: RE: Epilogue: Predator
Il chassait à l'arc ??!!!!!!!!!!!!!!!
çà va les potos ? bonnes fêtes Francois, Jacques JeanYves , Bruno et les autres aussi ; a l'an que ven !!!

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jo
Bruno Envoyé 20/12/2006 à 13:14     Editer le post    Effacer le post     Sujet: RE: Epilogue: Predator
Super texte que tu nous a fourni là François! Ca m'a donné simplement envie de réécouter Ted NUGENT.
A bientôt

:mocbb:

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